Emmanuelle Ménard vote le retour des insecticides « tueurs d’abeilles »

Hier, dans une publication sur les réseaux sociaux, je pointais l’incroyable hypocrisie du couple Ménard, lui organisant une fête du miel à Béziers et elle votant à l’Assemblée Nationale deux semaines plus tard pour la réintroduction des néonicotinoïdes, ces insecticides « tueurs d’abeilles ».

Créés dans les années 1980 par les géants de l’agrochimie et agissant sur le système nerveux central des insectes (neurotoxique), ils ont remplacé les produits dérivés de la nicotine dans le traitement des cultures contre les nuisibles et parasites. Faiblement biodégradables, leurs effets toxiques se diffusent largement dans le sol et les nappes phréatiques et portent atteinte à d’autres espèces vivantes, insectes et leurs prédateurs. En 2018, sous la pression de nombreuses études scientifiques, l’Agence Européenne de la Sécurité des Aliments confirme la toxicité des néonicotinoïdes pour les abeilles sauvages et domestiques, les apiculteurs les considérant comme les premiers responsables de l’effondrement des colonies.

En France, après quelques interdictions ciblées sur certains produits l’Assemblée Nationale interdit l’utilisation de tous néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018.

Le gouvernement et tous ses alliés de circonstance oublient en revanche de mentionner l’écroulement du cours du sucre suite à la libéralisation du marché européen en 2017, avec la fin des quotas sucriers voulue par l’UE.

Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mars une majorité de Députés, dont Emmanuelle Ménard, ont adopté un projet de loi ré-autorisant les néonicotinoïdes par dérogation pour 3 ans avec un objectif de « prévenir ou lutter contre un danger sanitaire […] qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens ». Le prétexte de cette mesure étrangement à contre-courant du virage « écolo » de Macron, émane des producteurs de betterave sucrière fortement touchés par un virus transmis par un puceron au printemps 2020.

Sur le marché mondial, la betterave s’est donc retrouvé en compétition avec la canne à sucre Thaïlandaise, Indienne ou Brésilienne, cultivée dans des conditions sociales et environnementales déplorables.

A l’image du lait, le prix de rémunération des agriculteurs s’est effondré et donc les producteurs sont obligés de répondre par l’augmentation du volume de production et la politique du bénéfice maximal dans le temps le plus bref passe par l’usage des pesticides.

Cette réintroduction des néonicotinoïdes est donc moins motivée par le « danger sanitaire » que par des motivations économiques, les conséquences des politiques libérales européennes et de leur application par les ultra-libéraux français, dont le couple Ménard.

Il s’agit d’un exemple supplémentaire montrant qu’écologie et capitalisme sont totalement incompatibles et surtout que l’extrême-droite prend toujours au final le parti de la finance.

Posons au contraire la question de la nécessaire transition, pour sortir d’une agriculture qui nuit à la planète tout en appauvrissant celles et ceux qui produisent. Les communistes sont depuis longtemps force de propositions et d’actions en la matière.

Le communiqué du PCF : https://www.pcf.fr/actualite_neonicotino_des_ne_laissons_pas_faire_cette_nouvelle_capitulation_au_d_triment_des_hommes_et_de_la_plan_te?recruiter_id=257833

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