BEZIERS : Compte-rendu du Conseil Municipal du 14 décembre 2020

14 décembre 2020, 10 jours avant le réveillon mais ce n’était pas une ambiance de fête pour ce conseil municipal à huis-clos à Zinga Zanga. Un très gros dossier à l’ordre du jour, le vote du Budget Primitif 2021 et 39 autres points (essentiellement de la gestion, pas de sujets réellement politiques).

Concernant le budget, je copie mon intervention ci-dessous. Je précise, si besoin, que j’ai voté contre (et je n’ai pas été le seul pour une fois dans l’opposition).

Le vote d’un budget est un moment politique majeur dans un conseil municipal, à plus forte raison cette année à la vue de la crise du COVID-19 et de ses répercussions tant sur la population que sur la gestion communale. Les moments les plus durs de la crise sanitaire, et rien ne laisse présager qu’ils ne soient définitivement derrière nous, ont démontré l’importance des communes tant dans la réponse sanitaire qu’économique et sociale.

Les choix politiques du Gouvernement se font ressentir sur les recettes de fonctionnement, particulièrement sur la suppression progressive de la taxe d’habitation à laquelle se substitue le transfert de la part départementale de taxe foncière sur les propriétés bâties intégrant les compensations de l’Etat de la taxe d’habitation. Derrière ce qui peut sembler un simple jeu d’écriture, c’est une étape supplémentaire dans la mise sous tutelle des communes qui ne seront plus maîtresses de leur imposition à terme mais dépendantes des compensations de l’Etat.

Loin d’être une mesure de progrès social, cette suppression s’inscrit dans une volonté générale de contrôle des dépenses publiques par un État qui a déclaré la guerre aux services publics pourtant indispensables pour lutter contre l’appauvrissement général. Ce ne sont pas les impôts qu’il faut baisser. Il faut augmenter les salaires, retraites et pensions.

Par ailleurs quand on sait que la suppression progressive de la taxe d’habitation concerne avant tout les foyers les plus modestes, son évolution à Béziers (de 23 millions d’euros en 2020 à 2 millions d’euros en 2021) vient rappeler malheureusement que nous sommes la ville la plus pauvre de France. C’est d’ailleurs uniquement cette situation sociale dégradée qui nous vaut, une fois de plus, de voir nos dotations de l’État en légère augmentation d’un peu moins d’un million d’euros, dans un contexte de baisse nationale.

Toujours dans les recettes de fonctionnement, je note que les mutualisations de services, auxquelles j’ai été le seul élu à m’opposer, vous permettent de faire des économies pour la ville au détriment de l’Agglo. C’est particulièrement le cas pour le « Journal du Biterrois », bien cher payé pour notre intercommunalité au vu du peu de considération des autres communes. Ce journal est toujours plus dédié à votre autopromotion politique. Ré-ouvrez votre blog, cela coûtera moins cher au contribuable !

En ce qui concerne les dépenses de fonctionnement, il est dommage de constater que l’encadrement de l’évolution des dépenses de fonctionnement n’a été que suspendu et non définitivement abandonné, ces contrats dits « de Cahors » symbolisent à eux seuls la volonté gouvernementale de mise sous tutelle des collectivités locales. Pour mémoire pour celles et ceux qui ne se souviendraient pas, vous les aviez applaudi au cours d’une conférence avec le Préfet en 2018. Ces contrats sanctionnent l’augmentation des dépenses de fonctionnement au-delà de 1.2% indépendamment des recettes qui pourraient leur être liées ! C’est un appel d’air à l’externalisation, la privatisation des services. A ce propos, je constate que vous continuer à vous obstiner dans cette politique libérale, notamment via votre expérimentation d’externalisation du nettoyage dans trois écoles. C’est un choix idéologique à mettre en relation avec votre haine du fonctionnaire, véritable leitmotiv de votre politique depuis 2014 accompagnée de nombreuses suppressions de poste bien que le ratio de dépenses de personnel soit lui resté stable sur la même période (environ 60% des dépenses réelles de fonctionnement).

Pour finir sur le fonctionnement, signe de vos orientations politiques, je déplore que le budget du CCAS reste stable alors que la paupérisation de la population bondi à cause de la crise sanitaire, économique et sociale et que l’on sait pertinemment que le pire est devant nous.  Dans une ville à la population aussi fragilisée que Béziers, c’est au mieux un déni de réalité, un manque néfaste d’anticipation, au pire du mépris de classe. Ce n’est pas étonnant de la part du Maire qui matraque les soupe populaire et prend des arrêtés pour les éloigner du centre-ville.

Concernant la dette, je note une hausse conséquente de la capacité de désendettement de la commune et ce malgré la baisse de l’encours de la dette, dû à la forte baisse de l’épargne brute. Bien que nous ne soyons pas encore dans la zone de vigilance, c’est un mauvais signal sur vos capacités de gestionnaire, que vous aimez tant mettre en avant, alors même que nous rentrons dans une période d’incertitudes budgétaires.

Robert Ménard, pour seule réponse, se sera contenté de me donner rendez-vous pour les prochaines Régionales où nous parlerons du budget de la majorité de gauche. Il s’assume ainsi, lui le chantre du non-politique, en véritable gestionnaire de droite qu’il est, empêtré dans une idéologie libérale et une logique capitaliste que la crise bat en brèche.

Le reste de la majorité étant visiblement venue pour lever la main, le débat budgétaire aura duré 30 minutes. Nonobstant l’adjointe aux finances qui s’est contentée de lire le powerpoint qui défilait sous nos yeux, seul Ménard se sera exprimé au nom de la majorité. A quoi servent-ils ?

Comme je le disais en préambule, pas grand chose de politique pour le reste. Je me suis abstenu, le seul, sur le catalogue des tarifs municipaux (je ne comprend pas pourquoi le reste de l’opposition vote pour alors qu’il s’agit de choix de la majorité seule).

J’ai profité du rapport sur la gestion des déchets pour rappeler à un Robert Ménard, qui expliquait que résoudre les problèmes des mauvaises odeurs à Montimas allait prendre du temps, qu’il avait passé 6 ans à nous dire qu’il réglerait ça en un claquement de doigt s’il été Président. Dire que mon intervention ne lui a pas plu serait un euphémisme, visiblement fâché par ce rappel et pas avare de mensonges, il a nié. Chacun est libre de retrouver ses interventions passées.

Le prochain Conseil Municipal est prévu pour le mois de février 2021. En fonction des conditions sanitaires, je ferai un bilan des 9 premiers mois de mandat courant janvier (dont 3 confinés au printemps et 1 et demi à l’automne).

2 commentaires

  1. Ton intervention est bien la seule à aller dans le bon sens.Cette ville dirigée par un maire autoritaire va droit dans le mur.
    Le combat de chaque jour continue…..

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  2. Merci pour ce compte rendu. Etre dans l’opposition se traduit souvent par un isolement, un combat seul, mais tous les camarades de A Gauche Béziers te soutiennent. Vivement la réouverture au public du conseil municipal, nous serons présent.

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